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JOGC

Consensus canadien sur la contraception (2e partie de 4)

      Résumé

      Objectif

      Fournir des lignes directrices aux fournisseurs de soins quant à l'utilisation de modes de contraception pour la prévention de la grossesse et quant à la promotion d'une sexualité saine.

      Issues

      Orientation des praticiens canadiens en ce qui concerne l'efficacité globale, le mécanisme d'action, les indications, les contre-indications, les avantages n'étant pas liés à la contraception, les effets indésirables, les risques et le protocole de mise en œuvre des modes de contraception abordés; planification familiale dans le contexte de la santé sexuelle et du bien-être général; méthodes de counseling en matière de contraception; et accessibilité et disponibilité des modes de contraception abordés au Canada.

      Résultats

      La littérature publiée a été récupérée par l'intermédiaire de recherches menées dans MEDLINE et The Cochrane Library entre janvier 1994 et janvier 2015 au moyen d'un vocabulaire contrôlé (p. ex. contraception, sexuality, sexual health) et de mots clés (p. ex. contraception, family planning, hormonal contraception, emergency contraception appropriés. Les résultats ont été restreints aux analyses systématiques, aux études observationnelles et aux essais comparatifs randomisés / essais cliniques comparatifs publiés en anglais entre janvier 1994 et janvier 2015. Les recherches ont été mises à jour de façon régulière et intégrées à la directive clinique jusqu'en juin 2015. La littérature grise (non publiée) a été identifiée par l'intermédiaire de recherches menées dans les sites Web d'organismes s'intéressant à l'évaluation des technologies dans le domaine de la santé et d'organismes connexes, dans des collections de directives cliniques, dans des registres d'essais cliniques et auprès de sociétés de spécialité médicale nationales et internationales

      Valeurs

      La qualité des résultats a été évaluée au moyen des critères décrits dans le rapport du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs (Tableau).

      Mots clés

      Tabled 1Critères d'évaluation des résultats et de classification des recommandations, fondés sur ceux du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs
      Niveaux de résultats
      La qualité des résultats signalés dans les présentes directives cliniques a été établie conformément aux critères d'évaluation des résultats présentés dans le Rapport du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs.
      Catégories de recommandations
      Les recommandations que comprennent les présentes directives cliniques ont été classées conformément à la méthode de classification décrite dans le Rapport du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs .
      I: Résultats obtenus dans le cadre d'au moins un essai comparatif convenablement randomisé.A. On dispose de données suffisantes pour appuyer la mesure clinique de prévention
      II-1: Résultats obtenus dans le cadre d'essais comparatifs non randomisés bien conçus.B. On dispose de données acceptables pour appuyer la mesure clinique de prévention
      II-2: Résultats obtenus dans le cadre d'études de cohortes (prospectives ou rétrospectives) ou d'études analytiques cas-témoins bien conçues, réalisées de préférence dans plus d'un centre ou par plus d'un groupe de recherche.C. Les données existantes sont contradictoires et ne permettent pas de formuler une recommandation pour ou contre l'usage de la mesure clinique de prévention; cependant, d'autres facteurs peuvent influer sur la prise de décision.
      II-3: Résultats découlant de comparaisons entre différents moments ou différents lieux, ou selon qu'on a ou non recours à une intervention. Des résultats de première importance obtenus dans le cadre d'études non comparatives (par exemple, les résultats du traitement à la pénicilline, dans les années 1940) pourraient en outre figurer dans cette catégorie.E. On dispose de données suffisantes pour déconseiller la mesure clinique de prévention
      D. On dispose de données acceptables pour déconseiller la mesure clinique de prévention
      III: Opinions exprimées par des sommités dans le domaine, fondées sur l'expérience clinique, études descriptives ou rapports de comités d'expertsL. Les données sont insuffisantes (d'un point de vue quantitatif ou qualitatif) et ne permettent pas de formuler une recommandation; cependant, d'autres facteurs peuvent influer sur la prise de décision.
      Woolf SH, Battista RN, Angerson GM, Logan AG, Eel W. Canadian Task Force on Preventive Health Care. New grades for recommendations from the Canadian Task Force on Preventive Health Care. CMAJ 2003;169:207–8.
      * La qualité des résultats signalés dans les présentes directives cliniques a été établie conformément aux critères d'évaluation des résultats présentés dans le Rapport du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs.
      Les recommandations que comprennent les présentes directives cliniques ont été classées conformément à la méthode de classification décrite dans le Rapport du Groupe d'étude canadien sur les soins de santé préventifs .
      Chapitre 4
      Planification familiale naturelle
      Déclarations sommaires
      • 21.
        Les méthodes de planification familiale naturelle pourraient constituer des modes de contraception adéquats pour les couples qui sont disposés à accepter un taux accru d'échec de la contraception (par comparaison avec d'autres modes de contraception plus efficaces). (III)
      • 22.
        L'efficacité exacte des méthodes de planification familiale naturelle est difficile à estimer. Lorsque ces méthodes ne sont pas respectées de façon rigoureuse et que des relations sexuelles ont lieu au cours de la fenêtre de fécondité, le risque de conception attribuable à un seul échec de la méthode est élevé (III)
      • 23.
        De nombreuses femmes et de nombreux couples ont, à un moment ou à un autre au cours de leur vie génésique, fait appel à des méthodes de planification familiale naturelle (plus particulièrement au coït interrompu). (III)
      • 24.
        Bien que le recours au coït interrompu à titre de stratégie de réduction des risques soit préférable à l'absence de contraception, ses taux d'échec dans le cadre d'une utilisation typique sont relativement élevés et il ne confère pas une protection fiable contre les infections transmissibles sexuellement. (II-2)
      • 25.
        La « méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée » constitue un mode de contraception efficace lorsqu'il est utilisé par des femmes dont l'accouchement remonte à moins de six mois, qui pratiquent un allaitement complet ou presque complet et chez lesquelles les menstruations n'ont pas repris depuis l'accouchement. (II-2)
      • 26.
        L'abstinence est un choix en matière de contraception qui nécessite des services de counseling de soutien et l'offre de renseignements pertinents de la part des fournisseurs de soins (III)
      Recommandations
      • 23.
        Les fournisseurs de soins devraient respecter le choix d'une femme ou d'un couple d'avoir recours à une méthode de planification familiale naturelle, se tenir au courant des options en matière de planification familiale naturelle et être en mesure de fournir des ressources / services de counseling adéquats quant à l'utilisation correcte de la méthode choisie par la femme / le couple. (II-2B)
      • 24.
        La présence de contre-indications chez une femme en ce qui concerne un mode de contraception particulier ne devrait pas constituer le seul motif menant à la proposition du recours à des méthodes de planification familiale naturelle dans son cas; en effet, la tenue d'une analyse exhaustive d'autres méthodes potentiellement sûres et plus efficaces s'avère alors nécessaire (II-2B)
      • 25.
        Les couples qui font appel à des méthodes de planification familiale naturelle, y compris le coït interrompu et l'abstinence, devraient se voir offrir des renseignements au sujet des modes efficaces de contraception d'urgence et du dépistage des infections transmissibles sexuellement. (III-B)
      • 26.
        Toutes les femmes enceintes ou en postpartum devraient se voir offrir des consignes claires quant à la mise en œuvre de la « méthode de l'allaitement maternel et de l'aménorrhée » et aux critères qui doivent être respectés pour que cette méthode permette l'obtention d'une contraception fiable. (III-B)
      Chapitre 5
      Méthodes de barrière
      Déclarations sommaires
      • 27.
        Les condoms de latex, utilisés correctement et de façon systématique, offrent une protection contre la grossesse (II-2) et les infections transmissibles sexuellement, y compris l'infection au virus de l'immunodéficience humaine. (II-1) Toutefois, aucune méthode de contraception dite de barrière ne peut offrir une protection absolue contre toutes les infections transmissibles sexuellement (III)
      • 28.
        Les condoms masculins de polyuréthane et fabriqués à partir de matières autres que le latex présentent une incidence accrue de bris et de glissement, par comparaison avec les condoms de latex; la protection qu'ils offrent contre les infections transmissibles sexuellement et l'infection au virus de l'immunodéficience humaine est donc inférieure à celle qu'offrent ces derniers. (I) Les condoms de polyuréthane et de polyisoprène demeurent toutefois une option importante pour la contraception et la réduction des risques d'infections transmissibles sexuellement en présence d'allergies au latex Les condoms en membrane d'agneau ne confèrent aucune protection contre l'infection au virus de l'immunodéficience humaine. (III)
      • 29.
        L'efficacité des méthodes de barrière peut être soutenue par le recours à la contraception d'urgence (III)
      • 30.
        L'éponge contraceptive et les spermicides utilisés seuls ne constituent pas des méthodes de contraception grandement efficaces; toutefois, leur efficacité se trouve rehaussée lorsqu'ils sont utilisés conjointement avec une autre méthode de contraception. (II-2)
      • 31.
        Les produits contraceptifs contenant du nonoxynol-9 peuvent entraîner des lésions au niveau de l'épithélium vaginal et une hausse du risque d'infection au virus de l'immunodéficience humaine (I)
      Recommandations
      • 27.
        Les fournisseurs de soins de santé devraient promouvoir l'utilisation systématique et correcte de condoms de latex à titre de moyen d'améliorer la protection contre la grossesse, l'infection au virus de l'immunodéficience humaine et d'autres infections transmissibles sexuellement. (II-2A)
      • 28.
        Les fournisseurs de soins de santé devraient sensibiliser les femmes et les hommes au sujet de l'utilisation appropriée des méthodes de barrière. Ils devraient souligner la nécessité d'avoir recours à une protection double contre la grossesse et les infections (II-2B)
      • 29.
        Les femmes qui utilisent des méthodes de barrière devraient se voir offrir des services de counseling pertinents au sujet de la contraception d'urgence. (III-B)
      • 30.
        Le recours à des condoms enduits de spermicide ne devrait plus être soutenu. (I-A)
      • 31.
        On devrait continuer à assurer la disponibilité des diaphragmes et des capes cervicales au Canada; de plus, une formation adéquate devrait être offerte aux fournisseurs de soins de façon à ce qu'ils puissent acquérir les compétences requises pour procéder à l'ajustement d'un diaphragme. (III-C)
      • 32.
        Des produits contenant du nonoxynol-9 ne devraient pas être utilisés en vue de réduire les risques de contracter une ITS ou une infection au virus de l'immunodéficience humaine; de plus, ces produits ne devraient pas être utilisés par les femmes qui sont exposées à des risques élevés de transmission du virus de l'immunodéficience humaine. (I-A)
      Chapitre 6
      Contraception permanente
      Déclarations sommaires
      • 32.
        Les interventions de contraception permanente pourraient convenir aux femmes qui ne souhaitent plus connaître de grossesses et qui ne sont pas disposées à utiliser un mode de contraception réversible (particulièrement les modes de contraception réversible à action prolongée) (III)
      • 33.
        Seules les personnes qui disposent de la capacité d'accorder leur consentement éclairé peuvent consentir à subir une intervention de contraception permanente. Un mandataire ne peut consentirà la stérilisation non thérapeutique d'une personne frappée d'incapacité mentale (III)
      • 34.
        Les interventions de contraception permanente féminine présentent un taux d'échec cumulatif à 10 ans inférieur à 2 %. (II-2)
      • 35.
        Bien que le risque de grossesse soit faible à la suite d'une intervention de contraception permanente, le risque de grossesse ectopique est substantiel lorsqu'une grossesse en vient tout de même à se manifester à la suite d'une ligature des trompes. (II-2) Dans de telles situations, le risque absolu de grossesse ectopique est plus faible que celui qui est constaté chez les femmes qui n'utilisent pas un mode de contraception (III)
      • 36.
        La ligature des trompes est associée à une baisse du risque de cancer de l'ovaire (II-2)
      • 37.
        Le regret constitue l'une des complications les plus courantes à la suite de la tenue d'une intervention de contraception permanente, le jeune âge constituant un facteur de risque majeur à ce chapitre. (II-2)
      • 38.
        À la suite de la tenue d'une intervention hystéroscopique, plusieurs mois pourraient s'avérer nécessaires avant que l'occlusion tubaire ne soit complète La mise en œuvre d'un mode de contraception additionnel s'avère requise pendant au moins trois mois et jusqu'à ce que la tenue d'une étude d'imagerie confirme la présence d'une occlusion tubaire bilatérale. (II-2)
      • 39.
        Chez les femmes qui sont absolument certaines de leur décision, la tenue d'une salpingectomie pourrait conférer l'avantage supplémentaire de mener à une baisse du risque de cancer de l'ovaire (II-2)
      • 40.
        La contraception permanente pourrait convenir aux femmes et aux hommes qui ne souhaitent plus de grossesses et qui ne sont pas disposés à utiliser un mode de contraception réversible (particulièrement un mode de contraception réversible à action prolongée) (III)
      • 41.
        Par comparaison avec la ligature des trompes, la vasectomie est généralement plus sûre, plus efficace et moins dispendieuse, en plus d'être une intervention moins effractive pouvant être menée sous anesthésie locale (II-2)
      • 42.
        La vasectomie ne présente pas une efficacité immédiate. Lorsque la tenue d'un spermogramme post-vasectomie à partir d'un échantillon de sperme frais indique une azoospermie ou la présence de<100 000 spermatozoïdes non motiles, le risque d'échec de la contraception est de 1 sur 2 000 (0,05 %). La tenue d'une deuxième vasectomie n'est nécessaire que dans<1 % des cas. (II-2)
      • 43.
        La vasectomie n'entraîne pas de hausse du risque de cancer de la prostate / des testicules, de coronaropathie, d'accident vasculaire cérébral, d'hypertension ou de démence. (II-2)
      Recommandations
      • 33.
        Avant la tenue d'une intervention de contraception permanente, les femmes devraient bénéficier de services de counseling traitant des risques de l'intervention, du risque de regretter l'intervention et de l'utilisation d'autres méthodes de contraception, y compris les modes de contraception réversible à action prolongée et la vasectomie. Le consentement éclairé de la patiente doit être obtenu. (II-2, A)
      • 34.
        Lorsqu'une femme est bien renseignée au sujet des modes de contraception de rechange, de la « permanence » de la contraception permanente et des risques associés aux interventions visant cette dernière, et qu'elle est en mesure d'accorder son consentement, l'âge et la parité ne devraient pas constituer des obstacles à l'obtention d'une contraception permanente. (III-B)
      • 35.
        Les femmes devraient se voir conseiller d'utiliser un mode de contraception efficace jusqu'au jour de la tenue de l'intervention de contraception permanente. Un test de grossesse devrait être mené le jour de la tenue de l'intervention. (III-A)
      • 36.
        Les femmes qui subissent une intervention de contraception permanente par laparoscopie devraient continuer d'utiliser un mode efficace de contraception pendant une semaine à la suite de la tenue de l'intervention (III-B)
      • 37.
        Les femmes qui subissent une occlusion tubaire hystéroscopique devraient utiliser un mode efficace de contraception jusqu'au jour de la tenue de l'intervention et pendant au moins trois mois par la suite, jusqu'à ce que des études d'imagerie aient confirmé la présence bilatérale d'une occlusion tubaire. (II-2, A)
      • 38.
        Une technique de vasectomie à effraction minimale (telle que la technique sans bistouri d'occlusion du canal déférent) devrait être utilisée pour isoler le canal déférent Les extrémités du canal déférent devraient faire l'objet d'une occlusion au moyen de l'une ou l'autre des quatre techniques qui sont associées à des taux d'échec de l'occlusion régulièrement inférieurs à 1 %. (III-B)
      • 39.
        Les patients ayant subi une vasectomie devraient être avisés qu'ils peuvent cesser d'utiliser un deuxième mode de contraception lorsque le spermogramme post-vasectomie mené à partir d'un échantillon de sperme frais non centrifugé indique une azoospermie ou la présence de<100 000 spermatozoïdes non motiles/ml. (III-B)