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Vulvovaginite: Dépistage et prise en charge de la trichomonase, de la candidose vulvovaginale et de la vaginose bactérienne

      Résumé

      Objectif

      Analyser les données probantes et formuler des recommandations quant au dépistage et à la prise en charge de la candidose vulvovaginale, de la trichomonase et de la vaginose bactérienne.

      Issues

      Parmi les issues évaluées, on trouve l’efficacité de l’antibiothérapie, les taux de guérison en ce qui concerne les infections simples et compliquées, et les implications de ces pathologies pendant la grossesse.

      Résultats

      La littérature publiée a été récupérée par l’intermédiaire de recherches menées dans MEDLINE, EMBASE, CINAHL et The Cochrane Library en juin 2013 au moyen d’un vocabulaire contrôlé (p. ex. « vaginitis », « trichomoniasis », « vaginal candidiasis ») et de mots clés (p. ex. « bacterial vaginosis », « yeast », « candidiasis », « trichomonas vaginalis », « trichomoniasis », « vaginitis », « treatment ») appropriés. Les résultats ont été restreints aux analyses systématiques, aux essais comparatifs randomisés/essais cliniques comparatifs et aux études observationnelles. Aucune restriction n’a été appliquée en matière de date, mais les résultats ont été limités aux documents rédigés en anglais ou en français. Les recherches ont été mises à jour de façon régulière et intégrées à la directive clinique jusqu’en mai 2014. La littérature grise (non publiée) a été identifiée par l’intermédiaire de recherches menées dans les sites Web d’organismes s’intéressant à l’évaluation des technologies dans le domaine de la santé et d’organismes connexes, dans des collections de directives cliniques et auprès de sociétés de spécialité médicale nationales et internationales.

      Valeurs

      La qualité des résultats est évaluée au moyen des critères décrits par le Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs (Tableau).

      Mots clés

      Déclarations sommaires

      • 1.
        La candidose vulvovaginale affecte 75 % des femmes à au moins une reprise. Les azoles antifongiques topiques et oraux comptent une efficacité équivalente. (I)
      • 2.
        Pour être qualifiée de récurrente, la candidose vulvovaginale doit donner lieu à quatre épisodes ou plus par année. (II-2)
        Tabled 1
        Critères d’évaluation des résultats et de classification des recommandations, fondés sur ceux du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs
        Niveaux de résultats
        La qualité des résultats signalés dans les présentes directives cliniques a été établie conformément aux critères d’évaluation des résultats présentés dans le Rapport du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs.
        Catégories de recommandations
        Les recommandations que comprennent les présentes directives cliniques ont été classées conformément à la méthode de classification décrite dans le Rapport du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs.
        • I:
          Résultats obtenus dans le cadre d’au moins un essai comparatif convenablement randomisé.
        • II.-1:
          Résultats obtenus dans le cadre d’essais comparatifs non randomisés bien conçus.
        • II.-2:
          Résultats obtenus dans le cadre d’études de cohortes (prospectives ou rétrospectives) ou d’études analytiques cas-témoins bien conçues, réalisées de préférence dans plus d’un centre ou par plus d’un groupe de recherche.
        • II.-3:
          Résultats découlant de comparaisons entre différents moments ou différents lieux, ou selon qu’on a ou non recours à une intervention. Des résultats de première importance obtenus dans le cadre d’études non comparatives (par exemple, les résultats du traitement à la pénicilline, dans les années 1940) pourraient en outre figurer dans cette catégorie.
        • III:
          Opinions exprimées par des sommités dans le domaine, fondées sur l’expérience clinique, études descriptives ou rapports de comités d’experts.
        • A.
          On dispose de données suffisantes pour appuyer la mesure clinique de prévention.
        • B.
          On dispose de données acceptables pour appuyer la mesure clinique de prévention.
        • C.
          Les données existantes sont contradictoires et ne permettent pas de formuler une recommandation pour ou contre l’usage de la mesure clinique de prévention; cependant, d’autres facteurs peuvent influer sur la prise de décision.
        • D.
          On dispose de données acceptables pour déconseiller la mesure clinique de prévention.
        • E.
          On dispose de données suffisantes pour déconseiller la mesure clinique de prévention.
        • L.
          Les données sont insuffisantes (d’un point de vue quantitatif ou qualitatif) et ne permettent pas de formuler une recommandation; cependant, d’autres facteurs peuvent influer sur la prise de décision.
        Woolf SH, Battista RN, Angerson GM, Logan AG, Eel W. Canadian Task Force on Preventive Health Care. New grades for recommendations from the Canadian Task Force on Preventive Health Care. CMAJ 2003;169:207–8.
        *La qualité des résultats signalés dans les présentes directives cliniques a été établie conformément aux critères d’évaluation des résultats présentés dans le Rapport du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs.
        Les recommandations que comprennent les présentes directives cliniques ont été classées conformément à la méthode de classification décrite dans le Rapport du Groupe d’étude canadien sur les soins de santé préventifs.
      • 3.
        Trichomonas vaginalis est un organisme à l’origine d’une infection transmissible sexuellement non virale courante. Le dépistage des antigènes (écouvillonnages vaginaux analysés au moyen d’un immunoessai ou d’un test d’amplification des acides nucléiques) constitue la meilleure façon d’en détecter la présence. (II-2)
      • 4.
        La prise en charge de la trichomonase au moyen de métronidazole oral, que ce soit à raison de 2 g en une dose unique ou de 500 mg deux fois par jour pendant 7 jours, permet l’obtention de taux de guérison équivalents pouvant atteindre 88 %. Le traitement du partenaire, même sans dépistage préalable, améliore les taux de guérison. (I-A)
      • 5.
        Les données probantes dont nous disposons à l’heure actuelle quant à l’efficacité des traitements de médecine parallèle contre la vaginose bactérienne (probiotiques, vitamine C) sont limitées. (I)

      Recommandations

      • 1.
        À la suite du traitement initial, la réussite de la prise en charge de la candidose vulvovaginale récurrente est favorisée par la mise en œuvre d’un traitement d’entretien hebdomadaire au fluconazole oral pendant une période pouvant atteindre six mois. (II-2A)
      • 2.
        La résolution de la candidose vulvovaginale symptomatique prise en charge au moyen d’azoles topiques pourrait nécessiter un traitement d’une durée prolongée. (1-A)
      • 3.
        À la suite de la prise en charge de la trichomonase au moyen de métronidazole oral, la tenue d’un test de guérison n’est pas recommandée. (I-D)
      • 4.
        Le recours à des doses accrues pourrait être requis dans les cas de trichomonase qui présentent une résistance au traitement. (I-A)
      • 5.
        En présence d’une infection à Trichomonas vaginalis symptomatique pendant la grossesse, la prévention de l’accouchement préterme justifie la mise en œuvre d’un traitement au métronidazole oral. (I-A)
      • 6.
        La vaginose bactérienne devrait être diagnostiquée au moyen de critères cliniques (Amsel) ou de laboratoire (coloration de Gram et système objectif de notation). (II-2A)
      • 7.
        La vaginose bactérienne symptomatique devrait être prise en charge au moyen de métronidazole oral, à raison de 500 mg deux fois par jour pendant sept jours. Parmi les solutions de rechange, on trouve le gel vaginal de métronidazole et la clindamycine (comprimés oraux ou crème vaginale). (I-A)
      • 8.
        Chez les femmes qui présentent de multiples récurrences documentées, la prolongation du traitement contre la vaginose bactérienne est recommandée. (I-A)
      Le texte intégral du présent document est disponible en ligne à